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« Ercole amante aux Tuileries - Mémoires imaginaires de Francesco Cavalli - 1659-1662 » - Claude-Jean Nébrac - BoD - Mars 2011

 

Avis au lecteur

Le voyage de Francesco Cavalli à Paris de 1660 à 1662 constitue un « moment fort » de la vie du compositeur vénitien.

Il s'inscrit dans le contexte bien connu du mariage du jeune roi Louis XIV avec l'infante d'Espagne Marie-Thérèse.

Pour autant, les contemporains semblent avoir ignoré le compositeur, et les témoignages à son sujet manquent cruellement.

C'est à combler cette lacune que s'est attaché l'auteur de cet ouvrage, en donnant la parole à l'intéressé lui-même, sous forme de Mémoires.

L'auteur est bien conscient qu'il n'a pu s'y essayer sans quelques invraisemblances et maladresses, mais espère que le lecteur trouvera autant de plaisir à lire cet ouvrage qu'il en a eu lui-même à l'écrire.

Il reste à l'auteur à préciser que ces Mémoires n'auraient pu exister sans le musicologue Henry Prunières, dont l'ouvrage « L'Opéra italien en France avant Lulli », publié en 1913, en constitue la principale source. 


 Première page

Venise, enfin !

Enfin je suis de retour, dans ma chère Venise, que je n'aurais jamais dû quitter pour aller servir un prince étranger, fût-il le plus grand des rois, comme le disent, sans rire, les Français.

Moi, Francesco Cavalli, je suis de retour, ulcéré, blessé, humilié comme jamais je ne l'avais été depuis l'époque où mon protecteur Federigo Cavalli comblait discrètement mes dettes de jeu. C'est vrai, j'avais alors succombé aux charmes du ridotto, où mes congénères de la Capella San Marco m'avaient imprudemment entraîné. Mais j'avais vingt ans !

Alors que maintenant, j'en ai bientôt soixante ! Est-ce un âge où on peut être traité comme je l'ai été, alors que j'ai donné le meilleur de moi-même, et composé, je n'hésite pas à le dire, mon plus bel opéra ?

Aujourd'hui, je n'ai qu'une envie, oublier ! Oublier ces deux années d'attente, de labeur, de vexations et de fatigue. Oublier cette Cour de France qui m'a préféré un baladin ambitieux et servile. Oublier tout, jusqu'à l'opéra. Qu'on ne me parle plus d'opéra, il m'a fait trop de mal. Ce n'est pas demain qu'on entendra un nouvel opéra de Francesco Cavalli !

Mais avant d'oublier, je veux raconter. Je veux me souvenir de tout depuis le jour où les Français sont venus me chercher à Venise, moi qui ne demandais rien que continuer à écrire pour le San Cassiano comme je m'y étais engagé vis à vis de Marco Faustini.

Je veux raconter, tout raconter pour tout oublier.


Les autres ouvrages de Claude-Jean Nébrac sont à découvrir sur le site de l'auteur :

http://www.cjnebrac.operabaroque.fr/

 

 

 

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